Qu’est-ce qu’une émotion ?

Définition : « état de conscience complexe généralement brusque et momentané accompagné de troubles physiologiques (pâleur, rougissement…)

Une émotion est une réponse physiologique à une stimulation, à une modification de l’environnement tandis qu’un sentiment est déclenché par les pensées, et est donc « psychologique ».

Une émotion est donc un processus biologique qui se déploie en trois temps :

  • Charge : libération d’adrénaline, accélération cardiaque, afflux de sucre et d’oxygène là où le besoin s’en fait sentir.
  • Tension : l’organisme mobilise le maximum d’énergie pour faire face à la situation.
  • Décharge : c’est le retour au calme ! Une fois le danger écarté, le corps a besoin de revenir à son équilibre de base.

Les émotions, à quoi ça sert ?

Joie, tristesse, dégoût, colère, surprise, mépris les émotions sont au cœur de la vie de l’enfant. C’est pourquoi il est essentiel de les exprimer pour mieux l’aider à s’adapter à son environnement.

– La peur aide à se protéger ou à fuir.

-La tristesse accompagne les moments de deuil.

-La joie nous dynamise.

-La colère définit nos limites, notre espace.

-L’amour nous relie à l’autre.

-La surprise mobilise l’attention face à l’inattendu.

-Le dégoût est une réaction de rejet de ce qui semble nocif.

Pour le tout petit, le monde est un vaste espace inconnu, les émotions sont donc plus nombreuses pour lui que pour l’adulte. Il peut être « prisonnier » de l’immédiateté de sa réponse émotionnelle (rire, pleurer, se rouler au sol) car il n’a pas d’autres moyens pour l’exprimer. Il a donc besoin de l’adulte pour trouver les mots et sortir de cela.

Laisser l’enfant exprimer ses émotions

Nous, adultes, nous sentons comme libérés après avoir pleuré. Pourtant, nous nous précipitons sur notre enfant pour lui dire : « Ne pleure pas, ne pleure pas ! ». Aucun parent n’aime voir souffrir son enfant. Malgré notre expérience personnelle, nous continuons d’imaginer que l’enfant qui pleure souffre. Alors qu’il est au contraire en train de se soulager.
C’est vrai, il n’est pas toujours facile d’écouter les émotions des enfants. Elles nous remuent et menacent aussi notre sentiment d’être une « bonne mère » ou un « bon père ». Elles nous insécurisent : « Que dois-je faire ? » Osons le dire, nous aimerions parfois que nos enfants restent tranquilles, ne pleurent pas, ne crient pas, ne se roulent pas par terre. Nous préférerions qu’ils n’aient pas tant d’émotions !

Seulement voilà, les affects des enfants sont ce qu’ils ont de plus précieux. Ici réside leur sentiment d’identité, ils deviennent une personne qui a le droit de désirer. De plus, empêcher l’enfant d’exprimer ses émotions, c’est le laisser en tension, ses émotions seront réprimées mais pas dépassées.

« L’enfant pleure pour signaler des émotions et pour appeler à l’aide. Il appelle à l’aide pour être réconforté. Il ne sait pas agir autrement. » Catherine Gueguen

Comment apprendre à un enfant à maîtriser et à exprimer ses émotions ?

Lorsqu’un enfant éprouve une émotion, la question à se poser est : « Comment puis-je l’aider à avoir         conscience de ce qui se passe en lui ? »

Voici quelques pistes :- Mettez des mots sur son ressenti : « Je vois que tu es en colère !». Ou aidez-le à mettre des mots dessus.

-Laissez-lui de l’espace pour s’exprimer. Nous avons tendance à consoler. Ecoutez-le avant de le consoler

-Partager une émotion avec lui : « Quand j’étais petit, moi aussi j’avais peur des chiens. », il se sentira ainsi moins seul face à sa peur.

– Proposer lui de taper dans un coussin, de dessiner sa colère, de respirer un grand coup pour se calmer.

-Un bébé pleure parfois beaucoup, c’est en effet son seul moyen de communication, c’est comme un appel à l’aide pour lui. Si il n’est pas réconforté, il pourrait développer un sentiment d’insécurité.

Par exemple, quand un enfant pleure au départ d’un de ses parents, il exprime sa tristesse ou son mécontentement, c’est une expression légitime qui montre aussi son attachement. Au lieu de vouloir arrêter ses pleurs, il vaut mieux lui dire « Je vois que tu es triste de quitter Maman/Papa, elle va revenir après son travail mais j’entends que c’est difficile pour toi »

Attention, l’écoute empathique des émotions n’implique pas automatiquement la satisfaction de

toutes les demandes ! Désirs et besoins sont deux choses différentes et la frustration est nécessaire aussi pour grandir et pour apprendre à vivre en société ! Si vous cédez une fois à un caprice, votre enfant aura compris le « pouvoir » de son acte.

Comment l’enfant gère-t-il ses émotions ?

– Par les objets transitionnels (comme le fameux Doudou) qui permet d’encaisser l’émotion ou aussi de projeter ses émotions. Il n’est pas rare d’entendre un enfant dire « Doudou est triste » ou «  Doudou est puni ».

– Par les histoires qu’il entend et se raconte. Certains contes de fées ont ainsi fait leurs preuves au cours des siècles (Les 3 Petits Cochons, Le Petit Poucet…). Ces histoires apprennent à l’enfant à rêver, imaginer, même si cela fait peur. L’enfant apprend ainsi à s’entraîner à ressentir ses émotions.

-Par le jeu, les marionnettes, ou la poupée Pipouette, à qui l’on peut changer le visage selon ce que l’on ressent ! ( Mon gros coup de coeur du moment )

Accueillir et encourager l’expression des émotions de l’enfant, c’est lui permettre de se constituer une personnalité solide, une sécurité intérieure stable.

Quelques livres

– « Au Cœur des émotions de l’enfant » d’Isabelle Filliozat.
– « Grosse colère », de Mireille d’Alancé

– « Pour une enfance heureuse » de Catherine Gueguen

-« Les mots doux » de Carl Norac

-«  Chhht », de Sally Grindley

-« Va t’en grand monstre vert » de Ed Emberley

-«  C’est à moi », de Laure Monloubou

-«  A ce soir » de Jeanne Ashbé