« L’enfant joue sa vie. Il ne joue pas pour apprendre mais apprend parce qu’il joue. »

Cette citation de Jean Epstein, psychosociologue, est tellement vraie.

Pour un enfant le monde qui l’entoure est rempli d’inconnu, de nouvelles odeurs, de nouveaux mots, de choses à toucher, à goûter. Son cerveau, va petit à petit s’enrichir d’expériences comme la découverte de ses mains et de ses pieds, apprendre à se déplacer, apprendre à imiter.

L’enfant apprend donc sans cesse et n’a que peu de temps pour s’ennuyer.

Nous vivons à une époque de constantes stimulations, nos sens sont de plus en plus affutés pour répondre à tout, tout de suite. C’est une cacophonie d’idées, de stimulis, de likes, de followers qui nous poursuit partout : la journée au travail, dans nos rêves la nuit, difficile de l’arrêter et de dire stop. Notre société valorise une utilisation constante et efficace du temps. Difficile parfois mais, pourtant, beaucoup de parents font vivre la même chose à leurs enfants. Face à ce phénomène, un nouveau mot est né pour décrire ce fléau : « l’infobésité », cela veut tout dire….

Ne faisons pas vivre cela aux enfants, donnons-leur le temps de ne « rien » faire, car c’est pendant ces moments qu’ils vont créer, explorer, être autonome face à une difficulté, développer leur imaginaire !

Vous rappelez vous, petit, dans la voiture, sans tablette, avoir observé le trajet des gouttes d’eau, les avoir vu lutter pour rester sphérique avant de céder et de couler ? Et bien, vous faisiez déjà des mathématiques !

Alors, bien sûr, l’évolution du marché chinois est là, mais est-il pour autant nécessaire d’inscrire votre enfant à un cours de mandarin à 18 mois ?

Attention donc ; même s’il est vrai que  le cerveau de l’enfant est en plein développement et qu’il a une grande  faculté à intégrer les informations, cela ne veut pas dire qu’il faut le remplir jusqu’à l’implosion. Le cerveau est l’organe le plus malléable mais il est aussi, chez l’enfant, immature et fragile.

Il est donc important de permettre à l’enfant de rêver, de s’évader, car c’est dans ces moments-là qu’il grandit le plus. Il intègre tout ce qu’il a vécu dans la journée et il vit tellement de choses.

Votre accompagnement doit se faire dans l’observation de ses besoins et les paroles encourageantes que vous poserez sur ce qu’il fait.

Une seule chose à faire pour vous, le regarder apprendre, le regarder s’émerveiller de tout, rire aux éclats, être heureux, prendre le temps et le féliciter dans ses découvertes.

Ne vous inquiétez pas, il a tout le temps d’apprendre à jouer de la batterie.

Alors, si votre enfant s’ennuie, plutôt que de lui proposer quelque chose à faire, dites-lui : « Je suis sûr que tu vas trouver quelque chose d’intéressant à faire » et, qui sait, vous aurez peut-être un nouveau collier de pâtes pour cet été !