L’affordance et l’enfant

Vous êtes vous déjà demandé pourquoi TOUS les enfants sont obligés de sauter dans TOUTES les flaques d’eau ?
Je vais vous éclairer grâce à la théorie de l’affordance, mais, tout d’abord, savez-vous ce que signifie ce terme ?
L’affordance, qui vient du verbe « to afford » désigne toutes les possibilités d’actions sur un objet.
Et devinez quoi? Votre enfant est un explorateur et passe son temps à le faire.Cette chaise si haute, si moelleuse, pourquoi ne faire que s’y asseoir ? Elle peut devenir une tour d’observation, une estrade de concert, un bloc moteur ?
Autre exemple le toboggan…mais pourquoi monter par l’escalier et descendre par la pente, on peut faire l’inverse, l’enjamber, se cacher du soleil dessous, s’endormir dessus et l’enfant le fait, il teste, il explore.
Il va devoir tester l’objet pour en comprendre toutes les subtilités . Alors, la manière qu’il a de le faire ne vous plait pas forcément mais ça c’est un autre débat….
L’enfant est un explorateur et le monde est rempli d’une infinité de possibilités d’action à mener…..
Et si c’est nous qui n’affordions pas assez ?

Grâce aux neurosciences, on sait donc aujourd’hui que l’enfant se nourrit du monde qui l’entoure. Il « afforde », c’est-à-dire qu’il teste toutes les potentialités d’un objet pour mieux le connaitre.

Toucher, se faufiler, grimper, escalader, goûter, pousser c’est un peu son métier…… On peut, comme exemple, citer la chaise à grimper. Aller dessous, dessus, la pousser, la faire tomber…..Pour l’enfant, c’est comme si l’objet appelait l’expérimentation. Le besoin d’exploration de l’enfant sera plus fort que la limite qu’on lui posera. En effet, avant d’avoir exploré à fond la chaise sa « vraie » utilisation ne l’intéressera pas. Son imagination est plus fertile que la nôtre et pour les modalités d’usages, il les apprendra bien assez vite.

Repensons donc les espaces au lieu de vouloir modifier son comportement, ce sera plus simple pour tout le monde et notre utilisation du mot « non » s’en verra sensiblement réduite.

Et si nous devons le stopper, parce que c’est dangereux ou parce qu’ on ne grimpe pas sur les chaises chez Mamie, faisons-le en gardant en tête qu’il est dans l’expérimentation et non dans la provocation. Si vous comprenez son intérêt et que vous l’autorisez à le faire à un autre moment, vous pourrez lui dire que c’est impossible à ce moment-là, vous lui signifierez ainsi que vous comprenez son besoin mais vous lui montrerez aussi votre autorité. Il aura confiance en vous car il se sentira compris. Et, si vous n’êtes pas convaincus par cela allez lire le fabuleux livre de Claude Boujon «  La chaise Bleue » !

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