Cet article, écrit par Gaëlle GuernaLec-Levy a été publié sur le web magazine Gynger, spécialisé dans l’actualité de la famille, de l’enfant et de l’éducation.

« D’après une étude effectuée par des chercheurs thaïlandais auprès d’une cohorte nationale, la capacité des parents à exprimer de la chaleur apparaît comme le prédicteur le plus fort d’un bon développement cognitif.

La faiblesse des performances scolaires constitue un des problèmes majeurs des enfants thaïlandais. En 2006, le score moyen des petits Thaïlandais au test d’intelligence plaçait le pays au 53ème rang parmi 192 pays. Les auteurs de cette étude parue dans le Kathmandu University Medical Journal*, s’intéressent aux facteurs qui favorisent le bon développement cognitif des enfants de façon précoce. Ils posent que peu d’études exploré les effets des pratiques éducatives sur le développement cognitif des enfants. Afin d’investiguer ce sujet précis ils ont utilisé les données d’une cohorte de naissance initiée en Thaïlande en 2000 avec le recrutement de 4245 enfants.

L’échantillon utilisé pour le présent article est de 4116 enfants. Les parents ont été soumis à un questionnaire permettant de cerner leurs attitudes concernant les deux principaux axes d’une parentalité considérée comme ajustée : la capacité à répondre aux besoins de l’enfant et la capacité à exprimer des exigences adaptées (stimuler, poser un cadre ni trop souple ni trop rigide). Les sous-domaines investigués sont, pour la réponse aux besoins : la chaleur parentale (câliner, féliciter, sourire), la cohésion (lire une histoire, chanter une chanson, bercer), une communication de qualité(conseil, avertissement), l’attachement. Pour les exigences : la supervision (un apprentissage stimulant), la confrontation appropriée (jouer avec des jeux et permettre l’apprentissage), la constance (bercer ou chanter une chanson jusqu’à l’endormissement).

Le développement cognitif des enfants a été évalué avec l’échelle de Capute (test d’adaptation cognitive et test de langage), le seul test disponible en thaïlandais.
Le relevé de données a débuté pendant la grossesse. Les parents ont été formés à l’observation de leurs propres pratiques et ils devaient les consigner dans un journal. Des assistants de recherche étaient chargés de collecter les observations tous les trois mois. Au un an de l’enfant, le test de Capute était dispensé en milieu hospitalier par un pédiatre.
Concernant les pratiques parentales, la « chaleur » était le domaine où les parents présentaient dans leur grande majorité les meilleurs scores. Pour les exigences, c’est la confrontation appropriée qui constituait l’aptitude la plus couramment possédée.

Il apparaît que la chaleur parentale est le prédicteur le plus fort du développement cognitif de l’enfant. Les auteurs précisent que les parents thaïlandais expriment leur affection d’une façon similaire à celle des occidentaux (marques explicites de tendresse, câlins, baisers, compliments, sourires, applaudissements), contrairement aux parents chinois qui estiment par exemple que féliciter un enfant peut entraver ses performances. Les chercheurs estiment que l’attention des parents devrait être portée sur les bénéfices d’une éducation chaleureuse, faite de câlins, de compliments, et favorisant l’autonomie de l’enfant. »