La mort expliquée aux enfants

Pas facile de parler de la mort avec son enfant. @jolies chouettes m’a demandé mon avis sur le sujet. Aux alentours de 3-4 ans, l’enfant va questionner ce sujet. Ce sujet, tellement difficile pour un parent à aborder de peur de voir son enfant triste.

Pour l’enfant, ce concept de mort est flou et va devenir plus clair en fonction de son développement cérébral. En effet, le tout petit, avant 6 ans, est plus peiné par la séparation avec l’autre que par la disparition. Il est aussi triste de vous voir triste, alors il va peut-être pleurnicher plus, dormir moins bien, ne le laissez pas dans le flou et parlez-lui. Respectez ses routines le plus possible même si pour vous, les jours seront plus ou moins difficiles. Ce n’est pas son rôle de vous consoler. Pour lui, la mort est encore réversible. Ecoutez-le, on comprend, par ses jeux, que la mort est un état provisoire « Pan, t’es mourus », « je tue pour de faux » …… A nous donc, petit à petit, de lui expliquer les choses en employant les bons mots. En effet, les phrases : « il s’est endormi », il est « monté au ciel », « il est parti faire un grand voyage » vont l’induire en erreur, la mort est irréversible et fait partie de la vie.…Pour ma part, j’ai longtemps, petite, cherché l’escalier qui avait permis à ma maman de rejoindre son nuage….et oui l’imaginaire de l’enfant……La peur de l’enfant est aussi que la mort soit contagieuse, ainsi si « grand-père est mort parce qu’il était malade », il va avoir peur à son prochain coup de froid ou au vôtre qu’il arrive la même chose. Non, grand père est mort parce qu’il avait une grave maladie qui ne se guérit pas, même avec des médicaments et aussi, parce que grand-père était très vieux.Encouragez-le à s’exprimer et à poser ses questions qui seront souvent très concrètes « est-ce que ça fait mal qu’on on meurt ? », « on meurt quand ? », et celle que nous redoutons le plus en tant que parent « Maman, vas-tu mourir ? ». « Oui, je vais mourir, car tout le monde meurt un jour et que la mort fait partie de la vie. Mais j’espère que cela sera dans très longtemps, quand je serai très vieille, mais pour l’instant, je suis à tes côtés et en pleine forme ! »Pour lui expliquer ce qu’est la mort, racontez-lui le cycle de la vie. Pour cela, vous pouvez partir de la nature, d’un bourgeon, d’une chrysalide, des feuilles d’automne qui tombent.Il est primordial de parler ouvertement de la mort avec l’enfant pour ne pas qu’il s’en fasse une fausse idée et qu’il soit seul face à son imaginaire déjà débordant sur cette question.

L’affordance et l’enfant

Vous êtes vous déjà demandé pourquoi TOUS les enfants sont obligés de sauter dans TOUTES les flaques d’eau ?
Je vais vous éclairer grâce à la théorie de l’affordance, mais, tout d’abord, savez-vous ce que signifie ce terme ?
L’affordance, qui vient du verbe « to afford » désigne toutes les possibilités d’actions sur un objet.
Et devinez quoi? Votre enfant est un explorateur et passe son temps à le faire.Cette chaise si haute, si moelleuse, pourquoi ne faire que s’y asseoir ? Elle peut devenir une tour d’observation, une estrade de concert, un bloc moteur ?
Autre exemple le toboggan…mais pourquoi monter par l’escalier et descendre par la pente, on peut faire l’inverse, l’enjamber, se cacher du soleil dessous, s’endormir dessus et l’enfant le fait, il teste, il explore.
Il va devoir tester l’objet pour en comprendre toutes les subtilités . Alors, la manière qu’il a de le faire ne vous plait pas forcément mais ça c’est un autre débat….
L’enfant est un explorateur et le monde est rempli d’une infinité de possibilités d’action à mener…..
Et si c’est nous qui n’affordions pas assez ?

Grâce aux neurosciences, on sait donc aujourd’hui que l’enfant se nourrit du monde qui l’entoure. Il « afforde », c’est-à-dire qu’il teste toutes les potentialités d’un objet pour mieux le connaitre.

Toucher, se faufiler, grimper, escalader, goûter, pousser c’est un peu son métier…… On peut, comme exemple, citer la chaise à grimper. Aller dessous, dessus, la pousser, la faire tomber…..Pour l’enfant, c’est comme si l’objet appelait l’expérimentation. Le besoin d’exploration de l’enfant sera plus fort que la limite qu’on lui posera. En effet, avant d’avoir exploré à fond la chaise sa « vraie » utilisation ne l’intéressera pas. Son imagination est plus fertile que la nôtre et pour les modalités d’usages, il les apprendra bien assez vite.

Repensons donc les espaces au lieu de vouloir modifier son comportement, ce sera plus simple pour tout le monde et notre utilisation du mot « non » s’en verra sensiblement réduite.

Et si nous devons le stopper, parce que c’est dangereux ou parce qu’ on ne grimpe pas sur les chaises chez Mamie, faisons-le en gardant en tête qu’il est dans l’expérimentation et non dans la provocation. Si vous comprenez son intérêt et que vous l’autorisez à le faire à un autre moment, vous pourrez lui dire que c’est impossible à ce moment-là, vous lui signifierez ainsi que vous comprenez son besoin mais vous lui montrerez aussi votre autorité. Il aura confiance en vous car il se sentira compris. Et, si vous n’êtes pas convaincus par cela allez lire le fabuleux livre de Claude Boujon «  La chaise Bleue » !

Bébé et le téléphone….

Dès les premiers jours de sa vie, le bébé voit, regarde vos expressions et vos mimiques.Il va petit à petit les reproduire, vous imiter, échanger avec vous, apprendre que le sourire arrive quand une situation est douce, que le froncement de sourcils lui veut dire que quelque chose ne va pas…. Il va, grâce à vous, apprendre à échanger et prendre le chemin de la socialisation. Le mimétisme et le faire semblant sont 2 activités primordiales chez l’enfant. Aujourd’hui, on voit partout : « pas d’écran avant 3 ans » et je suis bien d’accord avec ça. Savez vous, en moyenne combien de fois on regarde son téléphone par jour ? 221…..sur ces 221 fois, combien de fois notre enfant nous voit le faire ? Comment peut-il comprendre la règle pas d’écran si nous ne lâchons pas le notre ? 
Voulons-nous qu’il fasse de même ? Alors souriez lui, tirez lui la langue, papillonnez des yeux et regardez le avec vos yeux et non à travers votre écran. 

Le bébé et la pelleteuse

Un jour, une amie a accouché d’un bébé et d’une pelleteuse…….et oui, en tout cas, c’est ce qu’a pensé son fils de 3 ans, vu que le bébé est venu au monde avec une pelleteuse pour lui……N’oublions pas que les enfants sont logiques.

La venue du bébé reste une chose abstraite pour lui alors attendez de voir votre ventre grossir pour lui expliquer que le bébé est là. Montrez-lui des photos de lui pour qu’il voit qu’il a été bébé et que vous lui apportiez les mêmes soins que vous apporterez au bébé. Ne le saoulez pas non plus en lui parlant du bébé à tout bout de champ, laissez-lefaire sa vie d’enfant, il s’en fiche de la barboteuse que vous avez achetée, soyons clairs, il préfère ses puzzles.

A la naissance du bébé, ne forcez pas la relation, laissez-les faire connaissance. N’oubliez pas que vous, vous savez ce qu’est un bébé, lui le découvre et peut parfois être déçu, surtout si on lui a vendu que ce bébé serait un copain de jeux. Ça arrivera mais dans 2 ans…là il est un peu nul en jeu de construction le petit frère.

Et oui l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur peut être bouleversante et c’est bien normal. On passe d’enfant choyé et unique au rôle de « grand ». Enfin, c’est ce qu’on lui demande de devenir d’un coup, un grand, alors qu’il est encore tout petit. En effet il va devoir apprendre à attendre que maman est fini d’allaiter pour avoir un câlin, devoir monter les marches tout seul, devoir faire moins de bruit quand il joue ….pas facile tout ça……surtout quand on a pas vraiment décidé d’avoir un petit frère ou une petite sœur.

Il ne va peut-être pas se sentir menacé par l’arrivée du 2eme et continuer son développement mais il peut aussi avoir peur pour sa place au sein de la famille.  Il peut ressentir de la jalousie face à ce nouveau venu et régresser. Et oui, maman passe beaucoup de temps à allaiter donc reprendre un biberon est peut-être la bonne solution pour grappiller quelques minutes avec elle.

A la naissance du 2eme, souvent le papa passe plus de temps avec le grand pendant que la maman prend soin du nourrisson, préparez-le à cela et, si vous souhaitez le changer de lit et donner son lit au bébé, faites-le bien avant la naissance pour ne pas qu’il se sente dépossédé de cet objet qui prend une grande place dans sa vie.Votre enfant vivra ses changements du mieux qu’il peut si vous lui permettez de rester petit lui aussi et si vous le rassurez sur l’amour que vous lui portez, encore plus que d’habitude.

Et vous comment avez-vous vécu la naissance de vos frères et sœurs ?

La naissance

La naissance d’un enfant c’est aussi la naissance d’un papa et d’une maman. On ne se connait pas et on ne connait pas l’autre dans ce rôle.Le bébé qui vient au monde est comme un correspondant étranger qui arrive sur une terre inconnue. Il va devoir comprendre le monde et pour cela le tester. Les pleurs et les mimiques vont être pour lui les moyens d’appeler et de voir les réactions autour de lui. Alors, les premiers mois, bercez-le, regardez le et enveloppez le d’amour pour qu’il puisse appréhendez le monde.Jeune papa, votre place est à faire car vous n’avez pas porté l’enfant dans votre chair. Vous êtes celui qui va permettre à l’enfant de comprendre qu’il est un être séparé de sa maman. Le tout petit pense que son corps est lié à celui de sa maman jusqu’à ses 8 mois environ. Le papa a donc un rôle primordial pour lui offrir le monde et pour permettre aussi à la maman de rester une femme, une amoureuse en plus de ce rôle de mère.Jeune maman, vous êtes celle qui l’a porté physiquement et  psychiquement  dans votre ventre . Vous lui avez fait une place dans votre corps avant de lui faire une place dans le monde. Vous allez l’accompagner, votre sensibilité va s’aiguiser pour mieux comprendre ses besoins. Mieux qu’Instagram et que les belles-mères, écoutez vous, centrez-vous sur votre famille, construisez une bulle d’amour, et les réponses aux questions que vous vous posez vont venir naturellement.

Le chemin de la parentalité n’est pas toujours facile, mais ce voyage est le plus beau qui soit.

La grande question du partage

Pour le tout petit, la différence entre ce qu’il désire et ce qui est vraiment à lui n’est pas bien clair. Pourquoi ?Tout simplement car la limite de son propre corps et la notion d’identité propre n’est pas acquise.C’est pourquoi un de ces mantras est : « c’est à moi ! ». Le monde qui l’entoure lui appartient en gros….Avant 2 ans, l’enfant ne joue pas avec mais à côté de l’autre, c’est ce qu’on appelle le « jeu parallèle ». Il veut le jeu de l’autre pour éprouver le même désir que celui qui l’a dans les mains mais, se rendant compte que le sentiment n’est pas le même, le délaisse souvent rapidement. Il est toujours plus rigolo aussi, de prendre un camion en mouvement qu’un camion bien rangé sur l’étagère. Dans ce cas là, vous comprendrez que  le partage soit difficile !Vers 3 ans commence l’âge de la sociabilisation, l’enfant peut exprimer son désir par des phrases :  » je veux le camion », il est aussi en âge de comprendre les règles : « tu auras le camion quand Gabin aura fini de jouer avec », mais il est aussi à un âge où il va observer l’autre : « Qui va avoir la brique bleue ? pourquoi son bateau est plus grand « ,  » sa poupée chante et pas la mienne…. »Le partage n’est donc pas encore aisé et le jeu reste de courte durée pour, parfois, faire place à des petits conflits. Votre enfant apprend à vivre en société, à attendre son tour…..Vers 4 ans, l’enfant s’exprime mieux et ses centres d’intérêts se précisent. Avec des mots, il est donc plus facile d’exprimer ce que l’on veut et que l’on ressent.Tout ça pour vous dire que le partage s’apprend et suit le développement de l’enfant. Il faut lui montrer l’exemple mais aussi savoir  » protéger » ses affaires. Quand les petits cousins arrivent à la maison, on peut, par exemple ranger son camion favori et le doudou.Vous prêtez votre dernière robe Sézane vous ? Si votre meilleure amie va fouiner dans votre armoire, vous réagissez comment ? Et oui, vous voyez, pas si évident…..Alors, laissez-lui le temps de profiter de son jeu avant de lui demander de le prêter, faites-lui remarquer le plaisir que l’on a à prêter et le plaisir que ça apporte à l’autre, faites des petits jeux de ballons par exemple, pour lui apprendre à attendre son tour.Le partage doit être un plaisir et non une obligation alors, soyez patient, ça va venir, mais avant 4 ans, c’est un peu difficile !

Les morsures

Pendant toute la petite enfance, la bouche est le lieu privilégié des sensations de plaisir de l’enfant, il porte tout à la bouche (objets, personnes …), c’est ainsi qu’il appréhende le monde qui l’entoure.

En plus de cela, son cerveau reptilien (la survie) et son cerveau limbique (les émotions) sont dominants, il n’a pas le recul nécessaire pour analyser une situation.

La morsure ( ou la griffure) signale aussi que, pour l’enfant, la distance entre son corps et le corps des autres n’est pas clair, l’enfant mord souvent quand on rentre dans sa bulle, dans son intimité, quand un copain s’approche trop près sur le canapé. Souvent l’enfant mordeur a entre 18 et 24 mois et ne parle pas encore. Il est submergé par une émotion, positive ou négative, et cette frustration va le pousser à mordre.

La première personne pourtant qu’il mord est souvent sa maman, vous savez ces baisers avec les dents ? Il est important de mettre un interdit sur ce geste et aussi d’arrêter de lui dire, assez souvent : je vais te croquer ou je vais te manger car en fait cela ne se fait pas et même si, pour nous, c’est une façon de parler, lui ne l’entend pas ainsi.

L’enfant mord peu chez lui, il mord souvent en collectivité, quand il passe la journée dans le bruit, entouré de plein d’autres enfant où toute la journée, il doit faire des concessions, gérer ses frustrations faire des efforts et tout cela loin de ses parents.

Il faut alors expliquer à l’enfant que le langage permet d’exprimer ses émotions et que la solution qu’il a trouvée : mordre, griffer ou bousculer n’est pas la bonne. Il est primordial de ne pas stigmatiser l’enfant mordeur et de recourir principalement au dialogue pour expliquer les causes et conséquences d’un tel geste, lui expliquer que même s’il ne le fait pas dans ce but, il fait mal en mordant. En résumé, l’aider à changer de registre d’expression, et l’inciter à recourir de plus en plus à la parole pour exprimer ses sentiments.

Pour conclure, et même si cela vous semble évident, il est important de veiller à une cohérence entre vos actes et vos mots, on est bien d’accord que la solution de remordre l’enfant mordeur serait contre-productive….

Une cuillère pour Mamie……

L’alimentation du bébé, LA question qui inquiète souvent les parents…..Vaste sujet, entre l’allaitement, la diversification, la DME….Aujourd’hui, je vais juste vous parler de ces phases où votre loulou ne veut plus manger. Mais POURQUOI ??????

Tout d’abord, parce qu’il sait que ça à un effet sur vous, que cela vous inquiète, alors, premier conseil, ne parlez pas de votre inquiétude devant lui et « essayez » de ne pas vous focaliser dessus, sinon, Loulou aura des billes pour jouer avec vos nerfs.

Un enfant ne se laisse jamais mourir de faim, cependant il est comme nous, vers 18 mois, il commence à montrer des préférences pour certaines textures ou certains goûts, et puis il y a des moments où il a plus faim que d’autres, rien d’anormal. Surtout, ne lui proposez pas 12 plats différents pour qu’il ait « quelque chose dans le ventre », sinon, vous allez en faire un mangeur de pâtes-patates-pain et ne vous inquiétez pas, il se rattrapera très bien au prochain repas.

Et puis, les enfants sont parfois inquiets à cause de choses qu’ils ne maitrisent pas : un déménagement, l’arrivée d’une petite sœur, le voyage de papa……et cela peut aussi leur couper un peu l’envie de manger. Le meilleur moyen est alors de leur parler et de les rassurer sur tout ça.

Dernière question : pourquoi mange t-on ? D’où vient cette phrase : Une cuillére pour Mamie ?

Un jour, après avoir observé le temps du repas au sein de ma crèche, je suis allée déjeuner avec mon équipe. A la fin de leur repas, je leur ai dit « Bravo, vous avez bien déjeuné, Maelys est fière de vous » et je leur ai donné un bonbon….. Cette expérience a tout changé. Maintenant, nous expliquons aux enfants pourquoi ils mangent, ce qui se passe dans leur corps à ce moment là et ce qu’ils vont pouvoir faire avec les forces retrouvées grâce aux vitamines des aliments.

Et oui, on arrête de dire « une cuillère pour Mamie », cette Mamie qu’ils n’ont pas vu depuis 8 mois…

Bref, le temps du repas doit être un temps de partage, d’intimité et de bonheur et si jamais votre enfant traverse une phase comme celle-ci, regardez sa courbe de croissance sur son carnet de santé, ça devrait vous rassurer.

La période d’angoisse du 8ème mois

Selon des recherches menées en 1940 par le Dr Spitz, psychiatre et psychanalyste américain, l’enfant traverse plusieurs phases successives dans sa relation avec les autres. Ainsi, entre 3 et 6 mois, le bébé va être plus en interaction avec les personnes qui sont « bonnes » pour lui. Ses sourires et ses babillements seront destinés aux personnes qui prennent soin de lui au quotidien.

A partir de 6 mois, l’enfant va se sécuriser avec les personnes qui l’entourent :  » OK pour que Papa et Maman me prennent quand ils veulent, Mamie, je la vois souvent, Aurélie de la crèche, qui sait toujours que j’ai faim à 11h aussi, par contre, tata Josiane que je n’ai vu qu’une fois il y a 3 mois, je ne sais pas encore si je peux compter sur elle ». 

Les personnes inconnues pour lui, le pédiatre, tata Josiane ( qui en plus a les cheveux étrangement bleus…)… ne font pas partis de son monde et c’est donc difficile pour lui de savoir qui elles sont et d’accepter d’être pris dans les bras ou de prendre le biberon avec eux. En même temps, à part sur un site de rencontres, vous déjeunez ou buvez souvent un verre avec un inconnu vous ?

De plus, aux alentours de 9 mois, votre enfant ne sait pas que, quand il ne vous voit plus, vous n’avez pas pour autant disparu pour toujours, il n’a pas encore l’imaginaire pour comprendre que vous êtes juste dans la pièce d’à côté, d’où des pleurs et d’où ce terme d’angoisse.

Cette période peut passer inaperçu si l’enfant à l’habitude de voir beaucoup de monde, ou si, au contraire, il n’a pas encore été vraiment séparé de sa maman.

Que faire alors pour que cette période se passe bien pour votre enfant ?

  • Déjà, la base de la base, ne le forcez pas à aller dans les bras de tata Josiane, respectez le temps dont il a besoin pour faire connaissance, elle s’en remettra et lui vous remerciera.
  • Ne partez pas de la maison ou de la crèche sans lui dire au revoir, prenez le temps de lui expliquer les choses.
  • Si vous avez un nouveau baby-sitter, demandez-lui de venir un peu plus tôt pour faire qu’ils puissent faire connaissance autour du jeu.
  • Ayez confiance en les personnes à qui vous le confiez (crèche, nounou) ou, si ce n’est pas le cas, n’en parlez pas devant lui. Il ressentira votre angoisse.
  • Acceptez son besoin d’être prés de vous, d’être câliné dans les moments ou des « étrangers » sont là.
  • Offrez-lui un doudou, qui, à cette période, comme le Dr Winnicott le disait servira d’objet pour accepter la frustration qu’il peut ressentir en votre absence.
  • Lisez-lui des livres qui vont le rassurer, comme « Bébés Chouettes » de Martin Waddell ou « A ce soir » de Jeanne Ashbé.

Cette étape est primordiale pour votre enfant. Il pourra ainsi, petit à petit à se séparer de vous pour aller explorer le monde, tout en sachant qu’il vous retrouvera toujours et ça pour lui, c’est primordial.

Les retrouvailles avec votre enfant

Les retrouvailles avec Loulou.. Ce moment tant attendu et qui, pourtant, ne se passe pas toujours comme on l’aurait imaginé !

Et oui, vous avez attendu cet instant toute la journée, pendant la réunion avec le Boss, en déjeunant avec votre collègue Josiane, en faisant votre tableau Excel et hop, arrivée à la crèche, ou chez vos parents après des vacances, Loulou vous snobe. Un brin vexant, vous rêviez de câlins, de sourires, d’embrassades et lui s’en va de l’autre côté. Mais pourquoi ?

Pour Loulou, ce moment est délicat, parfois même éprouvant. Le matin, il a dû vous regarder partir plus ou moins facilement et là, boum, vous réapparaissez d’un coup.

Pas facile pour lui de mettre des mots sur ce qu’il ressent. Il n’a pas non plus la même notion du temps. Pour lui, une journée et une semaine, ce n’est guère différent

Les loulous peuvent réagir de manières différentes ;

Certains vont pleurer ; En effet le trop plein d’émotions accumulées pendant la séparation ressort à ce moment-là. Loulou  a dû gérer le manque de vous, les conflits éventuels avec les copains, la fatigue, la frustration, l’absence de repères….Il a pris sur lui, a fait des câlins aux professionnels, a sa grand-mère, a vu le visage de sa maman sur Facetime sans sentir son odeur et sa peau, a pris un peu plus sa tétine et son doudou qu’à la maison, mais, quand vous revenez, il peut déverser toutes ses émotions sur la personne qu’il aime le plus et qui le comprend le mieux : vous.

Ça vous rappelle quelqu’un ? Et oui, ils font comme nous, quand Josiane nous a un peu saoulé au travail avec ses cancans de bureaux, on inspire, on souffle, on inspire, on souffle et le soir, on déverse nos sentiments sur l’homme à la maison.

Certains enfants vont, au contraire, partir en courant, continuer à jouer, monter sur une table, taper un copain….

Et oui, vous faites irruption dans un monde où vous n’êtes pas le centre de son attention et peut-être, en plus, au milieu d’une méga construction de Legos… Quel choc pour lui ! Alors pourquoi ne pas vous asseoir, lui laisser le temps de finir son jeu, prendre le temps de l’observer dans cet environnement qui est le sien et lui donner ce temps des retrouvailles ?

Il sera  fier de vous montrer son activité et de vous faire entrer un peu dans son monde. Et demandez vous une chose, vous souhaitez un bisou mais lui veut il la même chose à l’instant T ?

Quoique déstabilisantes (et parfois vexantes) ces attitudes ne sont, encore une fois, que l’expression d’un ensemble de sentiments accumulés tout au long de cette période : joie, frustration, peur d’une autre séparation, excitation : cocktail de sentiments difficile à gérer pour le tout petit.

Et n’oubliez pas une chose, il faut une grande force intérieure et une bonne capacité d’anticipation pour gérer les transitions. Il faut des mots pour comprendre et exprimer ce que l’on ressent, Loulou ne les a pas encore, il ne peut pas vous dire :  » Papa, tu m’as manqué, c’était un truc de dingue  »

Alors, en attendant qu’il y arrive, prêtez-lui vos mots et racontez-lui votre journée, petit à petit, il prendra plaisir à faire de même.