Bébé et le téléphone….

Dès les premiers jours de sa vie, le bébé voit, regarde vos expressions et vos mimiques.Il va petit à petit les reproduire, vous imiter, échanger avec vous, apprendre que le sourire arrive quand une situation est douce, que le froncement de sourcils lui veut dire que quelque chose ne va pas…. Il va, grâce à vous, apprendre à échanger et prendre le chemin de la socialisation. Le mimétisme et le faire semblant sont 2 activités primordiales chez l’enfant. Aujourd’hui, on voit partout : « pas d’écran avant 3 ans » et je suis bien d’accord avec ça. Savez vous, en moyenne combien de fois on regarde son téléphone par jour ? 221…..sur ces 221 fois, combien de fois notre enfant nous voit le faire ? Comment peut-il comprendre la règle pas d’écran si nous ne lâchons pas le notre ? 
Voulons-nous qu’il fasse de même ? Alors souriez lui, tirez lui la langue, papillonnez des yeux et regardez le avec vos yeux et non à travers votre écran. 

Le bébé et la pelleteuse

Un jour, une amie a accouché d’un bébé et d’une pelleteuse…….et oui, en tout cas, c’est ce qu’a pensé son fils de 3 ans, vu que le bébé est venu au monde avec une pelleteuse pour lui……N’oublions pas que les enfants sont logiques.

La venue du bébé reste une chose abstraite pour lui alors attendez de voir votre ventre grossir pour lui expliquer que le bébé est là. Montrez-lui des photos de lui pour qu’il voit qu’il a été bébé et que vous lui apportiez les mêmes soins que vous apporterez au bébé. Ne le saoulez pas non plus en lui parlant du bébé à tout bout de champ, laissez-lefaire sa vie d’enfant, il s’en fiche de la barboteuse que vous avez achetée, soyons clairs, il préfère ses puzzles.

A la naissance du bébé, ne forcez pas la relation, laissez-les faire connaissance. N’oubliez pas que vous, vous savez ce qu’est un bébé, lui le découvre et peut parfois être déçu, surtout si on lui a vendu que ce bébé serait un copain de jeux. Ça arrivera mais dans 2 ans…là il est un peu nul en jeu de construction le petit frère.

Et oui l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur peut être bouleversante et c’est bien normal. On passe d’enfant choyé et unique au rôle de « grand ». Enfin, c’est ce qu’on lui demande de devenir d’un coup, un grand, alors qu’il est encore tout petit. En effet il va devoir apprendre à attendre que maman est fini d’allaiter pour avoir un câlin, devoir monter les marches tout seul, devoir faire moins de bruit quand il joue ….pas facile tout ça……surtout quand on a pas vraiment décidé d’avoir un petit frère ou une petite sœur.

Il ne va peut-être pas se sentir menacé par l’arrivée du 2eme et continuer son développement mais il peut aussi avoir peur pour sa place au sein de la famille.  Il peut ressentir de la jalousie face à ce nouveau venu et régresser. Et oui, maman passe beaucoup de temps à allaiter donc reprendre un biberon est peut-être la bonne solution pour grappiller quelques minutes avec elle.

A la naissance du 2eme, souvent le papa passe plus de temps avec le grand pendant que la maman prend soin du nourrisson, préparez-le à cela et, si vous souhaitez le changer de lit et donner son lit au bébé, faites-le bien avant la naissance pour ne pas qu’il se sente dépossédé de cet objet qui prend une grande place dans sa vie.Votre enfant vivra ses changements du mieux qu’il peut si vous lui permettez de rester petit lui aussi et si vous le rassurez sur l’amour que vous lui portez, encore plus que d’habitude.

Et vous comment avez-vous vécu la naissance de vos frères et sœurs ?

La naissance

La naissance d’un enfant c’est aussi la naissance d’un papa et d’une maman. On ne se connait pas et on ne connait pas l’autre dans ce rôle.Le bébé qui vient au monde est comme un correspondant étranger qui arrive sur une terre inconnue. Il va devoir comprendre le monde et pour cela le tester. Les pleurs et les mimiques vont être pour lui les moyens d’appeler et de voir les réactions autour de lui. Alors, les premiers mois, bercez-le, regardez le et enveloppez le d’amour pour qu’il puisse appréhendez le monde.Jeune papa, votre place est à faire car vous n’avez pas porté l’enfant dans votre chair. Vous êtes celui qui va permettre à l’enfant de comprendre qu’il est un être séparé de sa maman. Le tout petit pense que son corps est lié à celui de sa maman jusqu’à ses 8 mois environ. Le papa a donc un rôle primordial pour lui offrir le monde et pour permettre aussi à la maman de rester une femme, une amoureuse en plus de ce rôle de mère.Jeune maman, vous êtes celle qui l’a porté physiquement et  psychiquement  dans votre ventre . Vous lui avez fait une place dans votre corps avant de lui faire une place dans le monde. Vous allez l’accompagner, votre sensibilité va s’aiguiser pour mieux comprendre ses besoins. Mieux qu’Instagram et que les belles-mères, écoutez vous, centrez-vous sur votre famille, construisez une bulle d’amour, et les réponses aux questions que vous vous posez vont venir naturellement.

Le chemin de la parentalité n’est pas toujours facile, mais ce voyage est le plus beau qui soit.

La grande question du partage

Pour le tout petit, la différence entre ce qu’il désire et ce qui est vraiment à lui n’est pas bien clair. Pourquoi ?Tout simplement car la limite de son propre corps et la notion d’identité propre n’est pas acquise.C’est pourquoi un de ces mantras est : « c’est à moi ! ». Le monde qui l’entoure lui appartient en gros….Avant 2 ans, l’enfant ne joue pas avec mais à côté de l’autre, c’est ce qu’on appelle le « jeu parallèle ». Il veut le jeu de l’autre pour éprouver le même désir que celui qui l’a dans les mains mais, se rendant compte que le sentiment n’est pas le même, le délaisse souvent rapidement. Il est toujours plus rigolo aussi, de prendre un camion en mouvement qu’un camion bien rangé sur l’étagère. Dans ce cas là, vous comprendrez que  le partage soit difficile !Vers 3 ans commence l’âge de la sociabilisation, l’enfant peut exprimer son désir par des phrases :  » je veux le camion », il est aussi en âge de comprendre les règles : « tu auras le camion quand Gabin aura fini de jouer avec », mais il est aussi à un âge où il va observer l’autre : « Qui va avoir la brique bleue ? pourquoi son bateau est plus grand « ,  » sa poupée chante et pas la mienne…. »Le partage n’est donc pas encore aisé et le jeu reste de courte durée pour, parfois, faire place à des petits conflits. Votre enfant apprend à vivre en société, à attendre son tour…..Vers 4 ans, l’enfant s’exprime mieux et ses centres d’intérêts se précisent. Avec des mots, il est donc plus facile d’exprimer ce que l’on veut et que l’on ressent.Tout ça pour vous dire que le partage s’apprend et suit le développement de l’enfant. Il faut lui montrer l’exemple mais aussi savoir  » protéger » ses affaires. Quand les petits cousins arrivent à la maison, on peut, par exemple ranger son camion favori et le doudou.Vous prêtez votre dernière robe Sézane vous ? Si votre meilleure amie va fouiner dans votre armoire, vous réagissez comment ? Et oui, vous voyez, pas si évident…..Alors, laissez-lui le temps de profiter de son jeu avant de lui demander de le prêter, faites-lui remarquer le plaisir que l’on a à prêter et le plaisir que ça apporte à l’autre, faites des petits jeux de ballons par exemple, pour lui apprendre à attendre son tour.Le partage doit être un plaisir et non une obligation alors, soyez patient, ça va venir, mais avant 4 ans, c’est un peu difficile !

Les morsures

Pendant toute la petite enfance, la bouche est le lieu privilégié des sensations de plaisir de l’enfant, il porte tout à la bouche (objets, personnes …), c’est ainsi qu’il appréhende le monde qui l’entoure.

En plus de cela, son cerveau reptilien (la survie) et son cerveau limbique (les émotions) sont dominants, il n’a pas le recul nécessaire pour analyser une situation.

La morsure ( ou la griffure) signale aussi que, pour l’enfant, la distance entre son corps et le corps des autres n’est pas clair, l’enfant mord souvent quand on rentre dans sa bulle, dans son intimité, quand un copain s’approche trop près sur le canapé. Souvent l’enfant mordeur a entre 18 et 24 mois et ne parle pas encore. Il est submergé par une émotion, positive ou négative, et cette frustration va le pousser à mordre.

La première personne pourtant qu’il mord est souvent sa maman, vous savez ces baisers avec les dents ? Il est important de mettre un interdit sur ce geste et aussi d’arrêter de lui dire, assez souvent : je vais te croquer ou je vais te manger car en fait cela ne se fait pas et même si, pour nous, c’est une façon de parler, lui ne l’entend pas ainsi.

L’enfant mord peu chez lui, il mord souvent en collectivité, quand il passe la journée dans le bruit, entouré de plein d’autres enfant où toute la journée, il doit faire des concessions, gérer ses frustrations faire des efforts et tout cela loin de ses parents.

Il faut alors expliquer à l’enfant que le langage permet d’exprimer ses émotions et que la solution qu’il a trouvée : mordre, griffer ou bousculer n’est pas la bonne. Il est primordial de ne pas stigmatiser l’enfant mordeur et de recourir principalement au dialogue pour expliquer les causes et conséquences d’un tel geste, lui expliquer que même s’il ne le fait pas dans ce but, il fait mal en mordant. En résumé, l’aider à changer de registre d’expression, et l’inciter à recourir de plus en plus à la parole pour exprimer ses sentiments.

Pour conclure, et même si cela vous semble évident, il est important de veiller à une cohérence entre vos actes et vos mots, on est bien d’accord que la solution de remordre l’enfant mordeur serait contre-productive….

Une cuillère pour Mamie……

L’alimentation du bébé, LA question qui inquiète souvent les parents…..Vaste sujet, entre l’allaitement, la diversification, la DME….Aujourd’hui, je vais juste vous parler de ces phases où votre loulou ne veut plus manger. Mais POURQUOI ??????

Tout d’abord, parce qu’il sait que ça à un effet sur vous, que cela vous inquiète, alors, premier conseil, ne parlez pas de votre inquiétude devant lui et « essayez » de ne pas vous focaliser dessus, sinon, Loulou aura des billes pour jouer avec vos nerfs.

Un enfant ne se laisse jamais mourir de faim, cependant il est comme nous, vers 18 mois, il commence à montrer des préférences pour certaines textures ou certains goûts, et puis il y a des moments où il a plus faim que d’autres, rien d’anormal. Surtout, ne lui proposez pas 12 plats différents pour qu’il ait « quelque chose dans le ventre », sinon, vous allez en faire un mangeur de pâtes-patates-pain et ne vous inquiétez pas, il se rattrapera très bien au prochain repas.

Et puis, les enfants sont parfois inquiets à cause de choses qu’ils ne maitrisent pas : un déménagement, l’arrivée d’une petite sœur, le voyage de papa……et cela peut aussi leur couper un peu l’envie de manger. Le meilleur moyen est alors de leur parler et de les rassurer sur tout ça.

Dernière question : pourquoi mange t-on ? D’où vient cette phrase : Une cuillére pour Mamie ?

Un jour, après avoir observé le temps du repas au sein de ma crèche, je suis allée déjeuner avec mon équipe. A la fin de leur repas, je leur ai dit « Bravo, vous avez bien déjeuné, Maelys est fière de vous » et je leur ai donné un bonbon….. Cette expérience a tout changé. Maintenant, nous expliquons aux enfants pourquoi ils mangent, ce qui se passe dans leur corps à ce moment là et ce qu’ils vont pouvoir faire avec les forces retrouvées grâce aux vitamines des aliments.

Et oui, on arrête de dire « une cuillère pour Mamie », cette Mamie qu’ils n’ont pas vu depuis 8 mois…

Bref, le temps du repas doit être un temps de partage, d’intimité et de bonheur et si jamais votre enfant traverse une phase comme celle-ci, regardez sa courbe de croissance sur son carnet de santé, ça devrait vous rassurer.

La période d’angoisse du 8ème mois

Selon des recherches menées en 1940 par le Dr Spitz, psychiatre et psychanalyste américain, l’enfant traverse plusieurs phases successives dans sa relation avec les autres. Ainsi, entre 3 et 6 mois, le bébé va être plus en interaction avec les personnes qui sont « bonnes » pour lui. Ses sourires et ses babillements seront destinés aux personnes qui prennent soin de lui au quotidien.

A partir de 6 mois, l’enfant va se sécuriser avec les personnes qui l’entourent :  » OK pour que Papa et Maman me prennent quand ils veulent, Mamie, je la vois souvent, Aurélie de la crèche, qui sait toujours que j’ai faim à 11h aussi, par contre, tata Josiane que je n’ai vu qu’une fois il y a 3 mois, je ne sais pas encore si je peux compter sur elle ». 

Les personnes inconnues pour lui, le pédiatre, tata Josiane ( qui en plus a les cheveux étrangement bleus…)… ne font pas partis de son monde et c’est donc difficile pour lui de savoir qui elles sont et d’accepter d’être pris dans les bras ou de prendre le biberon avec eux. En même temps, à part sur un site de rencontres, vous déjeunez ou buvez souvent un verre avec un inconnu vous ?

De plus, aux alentours de 9 mois, votre enfant ne sait pas que, quand il ne vous voit plus, vous n’avez pas pour autant disparu pour toujours, il n’a pas encore l’imaginaire pour comprendre que vous êtes juste dans la pièce d’à côté, d’où des pleurs et d’où ce terme d’angoisse.

Cette période peut passer inaperçu si l’enfant à l’habitude de voir beaucoup de monde, ou si, au contraire, il n’a pas encore été vraiment séparé de sa maman.

Que faire alors pour que cette période se passe bien pour votre enfant ?

  • Déjà, la base de la base, ne le forcez pas à aller dans les bras de tata Josiane, respectez le temps dont il a besoin pour faire connaissance, elle s’en remettra et lui vous remerciera.
  • Ne partez pas de la maison ou de la crèche sans lui dire au revoir, prenez le temps de lui expliquer les choses.
  • Si vous avez un nouveau baby-sitter, demandez-lui de venir un peu plus tôt pour faire qu’ils puissent faire connaissance autour du jeu.
  • Ayez confiance en les personnes à qui vous le confiez (crèche, nounou) ou, si ce n’est pas le cas, n’en parlez pas devant lui. Il ressentira votre angoisse.
  • Acceptez son besoin d’être prés de vous, d’être câliné dans les moments ou des « étrangers » sont là.
  • Offrez-lui un doudou, qui, à cette période, comme le Dr Winnicott le disait servira d’objet pour accepter la frustration qu’il peut ressentir en votre absence.
  • Lisez-lui des livres qui vont le rassurer, comme « Bébés Chouettes » de Martin Waddell ou « A ce soir » de Jeanne Ashbé.

Cette étape est primordiale pour votre enfant. Il pourra ainsi, petit à petit à se séparer de vous pour aller explorer le monde, tout en sachant qu’il vous retrouvera toujours et ça pour lui, c’est primordial.

Les retrouvailles avec votre enfant

Les retrouvailles avec Loulou.. Ce moment tant attendu et qui, pourtant, ne se passe pas toujours comme on l’aurait imaginé !

Et oui, vous avez attendu cet instant toute la journée, pendant la réunion avec le Boss, en déjeunant avec votre collègue Josiane, en faisant votre tableau Excel et hop, arrivée à la crèche, ou chez vos parents après des vacances, Loulou vous snobe. Un brin vexant, vous rêviez de câlins, de sourires, d’embrassades et lui s’en va de l’autre côté. Mais pourquoi ?

Pour Loulou, ce moment est délicat, parfois même éprouvant. Le matin, il a dû vous regarder partir plus ou moins facilement et là, boum, vous réapparaissez d’un coup.

Pas facile pour lui de mettre des mots sur ce qu’il ressent. Il n’a pas non plus la même notion du temps. Pour lui, une journée et une semaine, ce n’est guère différent

Les loulous peuvent réagir de manières différentes ;

Certains vont pleurer ; En effet le trop plein d’émotions accumulées pendant la séparation ressort à ce moment-là. Loulou  a dû gérer le manque de vous, les conflits éventuels avec les copains, la fatigue, la frustration, l’absence de repères….Il a pris sur lui, a fait des câlins aux professionnels, a sa grand-mère, a vu le visage de sa maman sur Facetime sans sentir son odeur et sa peau, a pris un peu plus sa tétine et son doudou qu’à la maison, mais, quand vous revenez, il peut déverser toutes ses émotions sur la personne qu’il aime le plus et qui le comprend le mieux : vous.

Ça vous rappelle quelqu’un ? Et oui, ils font comme nous, quand Josiane nous a un peu saoulé au travail avec ses cancans de bureaux, on inspire, on souffle, on inspire, on souffle et le soir, on déverse nos sentiments sur l’homme à la maison.

Certains enfants vont, au contraire, partir en courant, continuer à jouer, monter sur une table, taper un copain….

Et oui, vous faites irruption dans un monde où vous n’êtes pas le centre de son attention et peut-être, en plus, au milieu d’une méga construction de Legos… Quel choc pour lui ! Alors pourquoi ne pas vous asseoir, lui laisser le temps de finir son jeu, prendre le temps de l’observer dans cet environnement qui est le sien et lui donner ce temps des retrouvailles ?

Il sera  fier de vous montrer son activité et de vous faire entrer un peu dans son monde. Et demandez vous une chose, vous souhaitez un bisou mais lui veut il la même chose à l’instant T ?

Quoique déstabilisantes (et parfois vexantes) ces attitudes ne sont, encore une fois, que l’expression d’un ensemble de sentiments accumulés tout au long de cette période : joie, frustration, peur d’une autre séparation, excitation : cocktail de sentiments difficile à gérer pour le tout petit.

Et n’oubliez pas une chose, il faut une grande force intérieure et une bonne capacité d’anticipation pour gérer les transitions. Il faut des mots pour comprendre et exprimer ce que l’on ressent, Loulou ne les a pas encore, il ne peut pas vous dire :  » Papa, tu m’as manqué, c’était un truc de dingue  »

Alors, en attendant qu’il y arrive, prêtez-lui vos mots et racontez-lui votre journée, petit à petit, il prendra plaisir à faire de même.

Le terrible Two, késako ?

Quand on évoque les difficultés rencontrées avec un enfant, on parle souvent de l’adolescence, ce moment tant redouté par les parents, mais assez peu de la période du « terrible two » qui peut pourtant, être assez intense, il faut bien se l’avouer !

Mais qu’est-ce qui se passe, pourquoi notre tout petit se transforme en une tornade au supermarché et pourquoi nous tient-il tête ? On peut être déboussolé par ce soudain changement, par ce mini calife qui nous fait les gros yeux.

Cette étape qui peut commencer vers 18 mois et, parfois, se terminer vers 2 ans, correspond à une prise de conscience, chez l’enfant, qu’il est une personne à part entière. En effet, votre enfant a appris à se déplacer et commence à parler, il a une nouvelle impression de liberté et d’autonomie mais se rend en même temps compte qu’il ne peut malheureusement pas encore tout faire comme vous. Cela engendre chez lui beaucoup d’incompréhension et de frustration. Il souhaite donc faire passer ses envies avant les vôtres.

En effet, observez à quel moment les « crises » arrivent, c’est souvent quand il n’a pas le temps de s’habiller seul, que vous lui demandez de venir pour le bain en plein puzzle ou qu’il n’arrive pas à exprimer son émotion….

De plus, cette étape correspond à une période où son cerveau entre dans une phase de maturation de la gestion émotionnelle, cela provoque des sautes d’humeur assez importantes qu’il n’arrive pas à gérer.

Mais alors que faire ?

  • Tout d’abord, dites-vous que, lors de ces crises, votre enfant vous envoie un message. Il essaye de vous dire qu’il est en colère, frustré, il veut attirer votre attention sur une situation qui ne lui convient pas. Et il a bien compris, que, grâce à ses cris, il y arrivait plutôt bien. Alors prêtez lui vos mots, dites-lui que vous comprenez mais qu’il peut s’exprimer autrement, et dites-lui cela calmement, cela l’apaisera.
  • Il a envie de décider certaines choses ? alors, pourquoi ne pas lui donnez le choix, par exemple de sa tenue le matin ou des céréales qu’il veut manger ? Il se sentira ainsi entendu dans ses désirs.
  • Le vivre ensemble est possible grâce à un ensemble de règles établies. A vous donc de les définir dans votre foyer. Elles doivent être constantes et réfléchies pour que votre enfant puisse les comprendre. Un enfant va recommencer 100 fois la même bêtise pour voir si la réponse qui lui est donnée est la même. C’est un petit scientifique qui va tester sa théorie sans cesse : « Tient Maman est OK quand je monte sur la table basse mais Papa semble mécontent… intéressant, je vais retester… » Attention à ce que ces règles respectent aussi les besoins de votre enfant : on ne peut pas, par exemple, demander à un enfant de ne jamais courir et d’être « sage comme une image » (mais d’où vient cette expression ?)

Et si belle-maman vous reproche votre laxisme ou vous dit cette petite phrase : « je ne comprends pas, avec moi, il est adorable », répondez-lui juste que l’amour que vous portez à votre Loulou lui permet de savoir que vous êtes la personne idéale auprès de laquelle il peut exprimer ses émotions.

Parler à son bébé

Quoi ? Babel ne peut pas nous apprendre à communiquer avec notre bébé ?

Ça nous servirait pourtant plus que de parler l’indonésien !

A sa naissance, votre bébé et vous n’êtes pas sur le même canal et il va vous falloir accepter ce temps de l’incompréhension et du chemin vers l’autre. Votre bébé est alors comme un correspondant étranger qui déboule dans un monde qu’il ne connait pas. Il a perdu ses repères et vous ne savez pas trop comment tout lui expliquer.

Il va vous falloir un peu de temps pour faire connaissance, cela ne va pas être immédiat. Petit à petit, vous allez savoir que cette petite main qu’il va frotter sur son oreille signifie qu’il est fatigué, que ces sourcils froncés veulent dire : « Papa, mon bib c’est maintenant ! ».

Pour votre enfant, tout est langage. Ce qu’il perçoit de vos émotions, votre ton, vos moments de bonheur, vos moments de fatigues, il perçoit cela et essaye d’y mettre un sens. C’est pourquoi il est important de poser des mots dessus. Vous devez lui dire ce qui se passe pour vous.

Difficile vous me direz, déjà parce qu’on se dit qu’ils ne comprennent pas et que, niveau réponse du tac au tac c’est plus sympa de parler avec ses copines.

Pourtant, regardez-le, regardez le gazouiller quand vous prenez le temps de lui parler, regardez la faculté qu’il a à ne pas vous couper la parole, et surtout, regardez le s’apaiser grâce à vos mots. Il comprend déjà tellement de choses.

De plus, un enfant reste en « vigilance » s’il sent que son papa et sa maman ne vont pas bien. Il va alors avoir du mal à se « séparer » d’eux, lors de l’arrivée à la crèche ou lors du coucher par exemple.

Il se dit que c’est à cause de lui si maman est triste, car il a dessiné sur le mur ou qu’il aurait vraiment dû faire un effort et zapper le biberon de 3h cette nuit…Alors, mettez des mots sur vos maux pour le rassurer. Parlez lui le plus naturellement possible, s’il ne comprend pas tous les mots, l’émotion de votre voix ne lui échappera pas elle. Et n’oubliez pas que les mots que vous allez lui dire le construiront, lui feront comprendre le monde dans lequel il vit, lui donneront les armes pour devenir un être capable de mettre des mots sur ses émotions.

Si c’est difficile pour vous, si vous n’arrivez pas à lui parler, vous pouvez aussi faire une « pause », lui expliquer que vous avez besoin de prendre soin de vous pour prendre ensuite soin de lui. Passez le relais à l’autre parent, votre enfant ne vous en voudra pas du tout

N’ayez pas peur de lui raconter sa venue au monde, la grossesse, les moments qui ont pu être difficile depuis sa naissance (maladie, hospitalisation…), car si vous l’avez vécu ainsi, si ces moments étaient douloureux pour vous, n’oubliez pas qu’il était là aussi !

Et si besoin d’aide, n’hésitez pas ! Être parent c’est un apprentissage avant tout et même si vous avez la force en vous, parfois ce n’est pas si simple.

Et n’oubliez pas, vous êtes le parfait parent pour votre enfant ! Le lui sait, il n’y a qu’à regarder ce regard d’amour qu’il vous lance 😊