Les morsures

Pendant toute la petite enfance, la bouche est le lieu privilégié des sensations de plaisir de l’enfant, il porte tout à la bouche (objets, personnes …), c’est ainsi qu’il appréhende le monde qui l’entoure.

En plus de cela, son cerveau reptilien (la survie) et son cerveau limbique (les émotions) sont dominants, il n’a pas le recul nécessaire pour analyser une situation.

La morsure ( ou la griffure) signale aussi que, pour l’enfant, la distance entre son corps et le corps des autres n’est pas clair, l’enfant mord souvent quand on rentre dans sa bulle, dans son intimité, quand un copain s’approche trop près sur le canapé. Souvent l’enfant mordeur a entre 18 et 24 mois et ne parle pas encore. Il est submergé par une émotion, positive ou négative, et cette frustration va le pousser à mordre.

La première personne pourtant qu’il mord est souvent sa maman, vous savez ces baisers avec les dents ? Il est important de mettre un interdit sur ce geste et aussi d’arrêter de lui dire, assez souvent : je vais te croquer ou je vais te manger car en fait cela ne se fait pas et même si, pour nous, c’est une façon de parler, lui ne l’entend pas ainsi.

L’enfant mord peu chez lui, il mord souvent en collectivité, quand il passe la journée dans le bruit, entouré de plein d’autres enfant où toute la journée, il doit faire des concessions, gérer ses frustrations faire des efforts et tout cela loin de ses parents.

Il faut alors expliquer à l’enfant que le langage permet d’exprimer ses émotions et que la solution qu’il a trouvée : mordre, griffer ou bousculer n’est pas la bonne. Il est primordial de ne pas stigmatiser l’enfant mordeur et de recourir principalement au dialogue pour expliquer les causes et conséquences d’un tel geste, lui expliquer que même s’il ne le fait pas dans ce but, il fait mal en mordant. En résumé, l’aider à changer de registre d’expression, et l’inciter à recourir de plus en plus à la parole pour exprimer ses sentiments.

Pour conclure, et même si cela vous semble évident, il est important de veiller à une cohérence entre vos actes et vos mots, on est bien d’accord que la solution de remordre l’enfant mordeur serait contre-productive….

Une cuillère pour Mamie……

L’alimentation du bébé, LA question qui inquiète souvent les parents…..Vaste sujet, entre l’allaitement, la diversification, la DME….Aujourd’hui, je vais juste vous parler de ces phases où votre loulou ne veut plus manger. Mais POURQUOI ??????

Tout d’abord, parce qu’il sait que ça à un effet sur vous, que cela vous inquiète, alors, premier conseil, ne parlez pas de votre inquiétude devant lui et « essayez » de ne pas vous focaliser dessus, sinon, Loulou aura des billes pour jouer avec vos nerfs.

Un enfant ne se laisse jamais mourir de faim, cependant il est comme nous, vers 18 mois, il commence à montrer des préférences pour certaines textures ou certains goûts, et puis il y a des moments où il a plus faim que d’autres, rien d’anormal. Surtout, ne lui proposez pas 12 plats différents pour qu’il ait « quelque chose dans le ventre », sinon, vous allez en faire un mangeur de pâtes-patates-pain et ne vous inquiétez pas, il se rattrapera très bien au prochain repas.

Et puis, les enfants sont parfois inquiets à cause de choses qu’ils ne maitrisent pas : un déménagement, l’arrivée d’une petite sœur, le voyage de papa……et cela peut aussi leur couper un peu l’envie de manger. Le meilleur moyen est alors de leur parler et de les rassurer sur tout ça.

Dernière question : pourquoi mange t-on ? D’où vient cette phrase : Une cuillére pour Mamie ?

Un jour, après avoir observé le temps du repas au sein de ma crèche, je suis allée déjeuner avec mon équipe. A la fin de leur repas, je leur ai dit « Bravo, vous avez bien déjeuné, Maelys est fière de vous » et je leur ai donné un bonbon….. Cette expérience a tout changé. Maintenant, nous expliquons aux enfants pourquoi ils mangent, ce qui se passe dans leur corps à ce moment là et ce qu’ils vont pouvoir faire avec les forces retrouvées grâce aux vitamines des aliments.

Et oui, on arrête de dire « une cuillère pour Mamie », cette Mamie qu’ils n’ont pas vu depuis 8 mois…

Bref, le temps du repas doit être un temps de partage, d’intimité et de bonheur et si jamais votre enfant traverse une phase comme celle-ci, regardez sa courbe de croissance sur son carnet de santé, ça devrait vous rassurer.

La période d’angoisse du 8ème mois

Selon des recherches menées en 1940 par le Dr Spitz, psychiatre et psychanalyste américain, l’enfant traverse plusieurs phases successives dans sa relation avec les autres. Ainsi, entre 3 et 6 mois, le bébé va être plus en interaction avec les personnes qui sont « bonnes » pour lui. Ses sourires et ses babillements seront destinés aux personnes qui prennent soin de lui au quotidien.

A partir de 6 mois, l’enfant va se sécuriser avec les personnes qui l’entourent :  » OK pour que Papa et Maman me prennent quand ils veulent, Mamie, je la vois souvent, Aurélie de la crèche, qui sait toujours que j’ai faim à 11h aussi, par contre, tata Josiane que je n’ai vu qu’une fois il y a 3 mois, je ne sais pas encore si je peux compter sur elle ». 

Les personnes inconnues pour lui, le pédiatre, tata Josiane ( qui en plus a les cheveux étrangement bleus…)… ne font pas partis de son monde et c’est donc difficile pour lui de savoir qui elles sont et d’accepter d’être pris dans les bras ou de prendre le biberon avec eux. En même temps, à part sur un site de rencontres, vous déjeunez ou buvez souvent un verre avec un inconnu vous ?

De plus, aux alentours de 9 mois, votre enfant ne sait pas que, quand il ne vous voit plus, vous n’avez pas pour autant disparu pour toujours, il n’a pas encore l’imaginaire pour comprendre que vous êtes juste dans la pièce d’à côté, d’où des pleurs et d’où ce terme d’angoisse.

Cette période peut passer inaperçu si l’enfant à l’habitude de voir beaucoup de monde, ou si, au contraire, il n’a pas encore été vraiment séparé de sa maman.

Que faire alors pour que cette période se passe bien pour votre enfant ?

  • Déjà, la base de la base, ne le forcez pas à aller dans les bras de tata Josiane, respectez le temps dont il a besoin pour faire connaissance, elle s’en remettra et lui vous remerciera.
  • Ne partez pas de la maison ou de la crèche sans lui dire au revoir, prenez le temps de lui expliquer les choses.
  • Si vous avez un nouveau baby-sitter, demandez-lui de venir un peu plus tôt pour faire qu’ils puissent faire connaissance autour du jeu.
  • Ayez confiance en les personnes à qui vous le confiez (crèche, nounou) ou, si ce n’est pas le cas, n’en parlez pas devant lui. Il ressentira votre angoisse.
  • Acceptez son besoin d’être prés de vous, d’être câliné dans les moments ou des « étrangers » sont là.
  • Offrez-lui un doudou, qui, à cette période, comme le Dr Winnicott le disait servira d’objet pour accepter la frustration qu’il peut ressentir en votre absence.
  • Lisez-lui des livres qui vont le rassurer, comme « Bébés Chouettes » de Martin Waddell ou « A ce soir » de Jeanne Ashbé.

Cette étape est primordiale pour votre enfant. Il pourra ainsi, petit à petit à se séparer de vous pour aller explorer le monde, tout en sachant qu’il vous retrouvera toujours et ça pour lui, c’est primordial.