Les retrouvailles avec votre enfant

Les retrouvailles avec Loulou.. Ce moment tant attendu et qui, pourtant, ne se passe pas toujours comme on l’aurait imaginé !

Et oui, vous avez attendu cet instant toute la journée, pendant la réunion avec le Boss, en déjeunant avec votre collègue Josiane, en faisant votre tableau Excel et hop, arrivée à la crèche, ou chez vos parents après des vacances, Loulou vous snobe. Un brin vexant, vous rêviez de câlins, de sourires, d’embrassades et lui s’en va de l’autre côté. Mais pourquoi ?

Pour Loulou, ce moment est délicat, parfois même éprouvant. Le matin, il a dû vous regarder partir plus ou moins facilement et là, boum, vous réapparaissez d’un coup.

Pas facile pour lui de mettre des mots sur ce qu’il ressent. Il n’a pas non plus la même notion du temps. Pour lui, une journée et une semaine, ce n’est guère différent

Les loulous peuvent réagir de manières différentes ;

Certains vont pleurer ; En effet le trop plein d’émotions accumulées pendant la séparation ressort à ce moment-là. Loulou  a dû gérer le manque de vous, les conflits éventuels avec les copains, la fatigue, la frustration, l’absence de repères….Il a pris sur lui, a fait des câlins aux professionnels, a sa grand-mère, a vu le visage de sa maman sur Facetime sans sentir son odeur et sa peau, a pris un peu plus sa tétine et son doudou qu’à la maison, mais, quand vous revenez, il peut déverser toutes ses émotions sur la personne qu’il aime le plus et qui le comprend le mieux : vous.

Ça vous rappelle quelqu’un ? Et oui, ils font comme nous, quand Josiane nous a un peu saoulé au travail avec ses cancans de bureaux, on inspire, on souffle, on inspire, on souffle et le soir, on déverse nos sentiments sur l’homme à la maison.

Certains enfants vont, au contraire, partir en courant, continuer à jouer, monter sur une table, taper un copain….

Et oui, vous faites irruption dans un monde où vous n’êtes pas le centre de son attention et peut-être, en plus, au milieu d’une méga construction de Legos… Quel choc pour lui ! Alors pourquoi ne pas vous asseoir, lui laisser le temps de finir son jeu, prendre le temps de l’observer dans cet environnement qui est le sien et lui donner ce temps des retrouvailles ?

Il sera  fier de vous montrer son activité et de vous faire entrer un peu dans son monde. Et demandez vous une chose, vous souhaitez un bisou mais lui veut il la même chose à l’instant T ?

Quoique déstabilisantes (et parfois vexantes) ces attitudes ne sont, encore une fois, que l’expression d’un ensemble de sentiments accumulés tout au long de cette période : joie, frustration, peur d’une autre séparation, excitation : cocktail de sentiments difficile à gérer pour le tout petit.

Et n’oubliez pas une chose, il faut une grande force intérieure et une bonne capacité d’anticipation pour gérer les transitions. Il faut des mots pour comprendre et exprimer ce que l’on ressent, Loulou ne les a pas encore, il ne peut pas vous dire :  » Papa, tu m’as manqué, c’était un truc de dingue  »

Alors, en attendant qu’il y arrive, prêtez-lui vos mots et racontez-lui votre journée, petit à petit, il prendra plaisir à faire de même.

Parler à son bébé

Quoi ? Babel ne peut pas nous apprendre à communiquer avec notre bébé ?

Ça nous servirait pourtant plus que de parler l’indonésien !

A sa naissance, votre bébé et vous n’êtes pas sur le même canal et il va vous falloir accepter ce temps de l’incompréhension et du chemin vers l’autre. Votre bébé est alors comme un correspondant étranger qui déboule dans un monde qu’il ne connait pas. Il a perdu ses repères et vous ne savez pas trop comment tout lui expliquer.

Il va vous falloir un peu de temps pour faire connaissance, cela ne va pas être immédiat. Petit à petit, vous allez savoir que cette petite main qu’il va frotter sur son oreille signifie qu’il est fatigué, que ces sourcils froncés veulent dire : « Papa, mon bib c’est maintenant ! ».

Pour votre enfant, tout est langage. Ce qu’il perçoit de vos émotions, votre ton, vos moments de bonheur, vos moments de fatigues, il perçoit cela et essaye d’y mettre un sens. C’est pourquoi il est important de poser des mots dessus. Vous devez lui dire ce qui se passe pour vous.

Difficile vous me direz, déjà parce qu’on se dit qu’ils ne comprennent pas et que, niveau réponse du tac au tac c’est plus sympa de parler avec ses copines.

Pourtant, regardez-le, regardez le gazouiller quand vous prenez le temps de lui parler, regardez la faculté qu’il a à ne pas vous couper la parole, et surtout, regardez le s’apaiser grâce à vos mots. Il comprend déjà tellement de choses.

De plus, un enfant reste en « vigilance » s’il sent que son papa et sa maman ne vont pas bien. Il va alors avoir du mal à se « séparer » d’eux, lors de l’arrivée à la crèche ou lors du coucher par exemple.

Il se dit que c’est à cause de lui si maman est triste, car il a dessiné sur le mur ou qu’il aurait vraiment dû faire un effort et zapper le biberon de 3h cette nuit…Alors, mettez des mots sur vos maux pour le rassurer. Parlez lui le plus naturellement possible, s’il ne comprend pas tous les mots, l’émotion de votre voix ne lui échappera pas elle. Et n’oubliez pas que les mots que vous allez lui dire le construiront, lui feront comprendre le monde dans lequel il vit, lui donneront les armes pour devenir un être capable de mettre des mots sur ses émotions.

Si c’est difficile pour vous, si vous n’arrivez pas à lui parler, vous pouvez aussi faire une « pause », lui expliquer que vous avez besoin de prendre soin de vous pour prendre ensuite soin de lui. Passez le relais à l’autre parent, votre enfant ne vous en voudra pas du tout

N’ayez pas peur de lui raconter sa venue au monde, la grossesse, les moments qui ont pu être difficile depuis sa naissance (maladie, hospitalisation…), car si vous l’avez vécu ainsi, si ces moments étaient douloureux pour vous, n’oubliez pas qu’il était là aussi !

Et si besoin d’aide, n’hésitez pas ! Être parent c’est un apprentissage avant tout et même si vous avez la force en vous, parfois ce n’est pas si simple.

Et n’oubliez pas, vous êtes le parfait parent pour votre enfant ! Le lui sait, il n’y a qu’à regarder ce regard d’amour qu’il vous lance 😊

 

Le terrible two, késako ?

 Quand on évoque les difficultés rencontrées avec un enfant, on parle souvent de l’adolescence, ce moment tant redouté par les parents, mais assez peu de la période du « terrible two » qui peut pourtant, être assez intense, il faut bien se l’avouer !

Mais qu’est-ce qui se passe, pourquoi notre tout petit se transforme en une tornade au supermarché et pourquoi nous tient-il tête ? On peut être déboussolé par ce soudain changement, par ce mini calife qui nous fait les gros yeux.

Cette étape qui peut commencer vers 18 mois et, parfois, se terminer vers 2 ans, correspond à une prise de conscience, chez l’enfant, qu’il est une personne à part entière. En effet, votre enfant a appris à se déplacer et commence à parler, il a une nouvelle impression de liberté et d’autonomie mais se rend en même temps compte qu’il ne peut malheureusement pas encore tout faire comme vous. Cela engendre chez lui beaucoup d’incompréhension et de frustration. Il souhaite donc faire passer ses envies avant les vôtres.

En effet, observez à quel moment les « crises » arrivent, c’est souvent quand il n’a pas le temps de s’habiller seul, que vous lui demandez de venir pour le bain en plein puzzle ou qu’il n’arrive pas à exprimer son émotion….

De plus, cette étape correspond à une période où son cerveau entre dans une phase de maturation de la gestion émotionnelle, cela provoque des sautes d’humeur assez importantes qu’il n’arrive pas à gérer.

Mais alors que faire ?

  • Tout d’abord, dites-vous que, lors de ces crises, votre enfant vous envoie un message. Il essaye de vous dire qu’il est en colère, frustré, il veut attirer votre attention sur une situation qui ne lui convient pas. Et il a bien compris, que, grâce à ses cris, il y arrivait plutôt bien. Alors prêtez lui vos mots, dites-lui que vous comprenez mais qu’il peut s’exprimer autrement, et dites-lui cela calmement, cela l’apaisera.
  • Il a envie de décider certaines choses ? alors, pourquoi ne pas lui donnez le choix, par exemple de sa tenue le matin ou des céréales qu’il veut manger ? Il se sentira ainsi entendu dans ses désirs.
  • Le vivre ensemble est possible grâce à un ensemble de règles établies. A vous donc de les définir dans votre foyer. Elles doivent être constantes et réfléchies pour que votre enfant puisse les comprendre. Un enfant va recommencer 100 fois la même bêtise pour voir si la réponse qui lui est donnée est la même. C’est un petit scientifique qui va tester sa théorie sans cesse : « Tient Maman est OK quand je monte sur la table basse mais Papa semble mécontent… intéressant, je vais retester… » Attention à ce que ces règles respectent aussi les besoins de votre enfant : on ne peut pas, par exemple, demander à un enfant de ne jamais courir et d’être « sage comme une image » (mais d’où vient cette expression ?)

Et si belle-maman vous reproche votre laxisme ou vous dit cette petite phrase : « je ne comprends pas, avec moi, il est adorable », répondez-lui juste que l’amour que vous portez à votre Loulou lui permet de savoir que vous êtes la personne idéale auprès de laquelle il peut exprimer ses émotions.